Ce matin, j'ai passé quelques heures sur le marché de Pont-Audemer. Sous le ciel bas et brumeux, de belles rencontres...
Une femme, la cinquantaine. Elle est auxiliaire de vie depuis près de 30 ans. Elle m'explique que son métier devient de plus en plus dur. Avec toute son expérience, à la fin du mois, c'est à peine plus que le salaire minimum. Depuis deux ans seulement, les frais kilométriques lui sont remboursés. Avec la charge de travail et les moyens qui disparaissent, elle ne peut pas consacrer le temps qu'elle voudrait aux personnes âgées qu'elle accompagne. Comme un travail à la chaîne, alors que ce sont des personnes, des vraies, avec des vies à raconter qui sont chaque jour en face d'elle. Ces personnes âgées qu'elle aide au quotidien, elles se sentent oubliées. Et pourtant elles s'intéressent me dit-elle, à la vie en dehors de chez elle, au monde, à la politique. Les élections législatives, elles y sont attentives.
Un homme, qui se demande si le vote écologiste arrivera à percer dans la circonscription. Parce qu'à quoi bon lorsque les jeux sont faits. Quelques minutes plus tard, il a retrouvé sa motivation. Oui, il faut voter avec ses convictions.
Une autre femme. Un look d'artiste. Elle se présente comme une militante de gauche depuis des années. Elle a des amis, très proches, très fidèles, toujours là pour elle. Et là, à la présidentielle, ils ont voté Front National. Elle ne se l'explique pas. "Vous savez, je leur explique qu'ils se trompent d'ennemis. Que ce n'est pas le rejet de l'autre qui améliorera le quotidien... Mais bon, ils ne veulent rien entendre".
Un homme, de droite depuis toujours, me précise-t-il. "Pourquoi les immigrés viennent en France?" Il ne veut pas que je réponde, juste m'asséner ses vérités. Et puis, l'écologie c'est "ni de droite, ni de gauche" et puis "l'écologie, c'est uniquement l'environnement", et puis les politiques, ils n'ont pas de pouvoir face aux entreprises.
Une femme, hollandaise, un couple de belges, des anglais. Pont-Audemer en mai attire nos voisins!
Un chaland, qui espère que le vote écologiste sera fort dans 3 semaines. Un homme qui ne comprend pas pourquoi il croise sur les routes des camions de tomates qui viennent d'Espagne pour rejoindre les Pays-Bas et d'autres camions de tomates qui quittent les Pays-Bas pour l'Espagne.
Et puis une jeune femme, qui vient me voir et m'encourage, tout simplement.
Et puis encore quelques personnes qui ne veulent pas prendre mon tract, d'autres qui le prennent au contraire en commentant "ça nous changerait..."
Une belle matinée de campagne, en somme!
NB1: Jeudi soir 24 mai, je serai à Pont-Audemer, pour un 19-20. Ce week-end, promis, je vous raconte à quoi ressemble ces fameux 19-20...
NB2: Samedi matin, 26 mai, je serai sur le marché de Bernay
NB3: Législatives: J-20
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